Échecs & Stratégie: Art, échecs et mat, un ouvrage d'Yves Marek

dimanche 17 janvier 2010

Art, échecs et mat, un ouvrage d'Yves Marek

Art, échecs et mat, un ouvrage d'Yves Marek

La relation entre l'art et le jeu d'échecs est explorée par Yves Marek dans son dernier ouvrage intitulé "Art, échecs et mat", un magnifique livre paru en 2008.




Promise me - Beverly Craven

Voici un livre ludique: il évoque la mort, la folie, l'érotisme, la domination, le huis clos hors du monde et du temps, la volonté de puissance, la majesté royale, la destruction «quand la personnalité de l'adversaire se brise» (Bobby Fischer); les vanités, la géométrie euclidienne et autres, «l'imagination du mouvement qui crée la beauté» (Marcel Duchamp); le simple divertissement, le jeu, l'esprit, l'art.

En dix brefs chapitres, incisifs comme des pointes-sèches, Yves Marek esquisse l'histoire et capture l'essence du roi des jeux, aux enjeux multiples mais à la constante tension obsessionnelle : microcosme des passions, champ clos de l'esprit, « corps à corps entre deux labyrinthes » (André Breton), cosa mentale.

Aussi, pour le saisir, le détour par l'art est-il la voie la plus directe ?

Nature morte à l’échiquier ou les cinq sens par Lubin Baugin
Nature morte à l’échiquier ou les cinq sens par Lubin Baugin

Vanité de Lubin Baugin, happening de Duchamp, structures abstraites d'Ugo Dossi ou d'Escher, anamorphoses de Vieira da Silva, fantaisies les plus délirantes des artistes contemporains ; lascives compositions orientalistes de Lecomte de Nouy ou de Matisse, enluminures associant le jeu et l'amour courtois, condensé de violence chez Daumier ou Kirchner ...

Ces registres si opposés n'ont d'autre lien que l'universelle aimantation, l'envoûtement exercé par l'obsédant quadrillage aux soixante-quatre cases. Les photographies prises par Robert Capa à Madrid, en 1936 ou à Tel Aviv, en 1948, celle de Jiri Vsetecka à Prague, en 1968, de Leonard Freed à Berlin-ouest, en 1965, le prouvent : le jeu d'échecs, comme l'oeuvre d'art, est un « arrêt du temps » (Pierre Bonnard, Carnets).

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Xavier Tartacover (1887–1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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