Échecs & Stratégie: La défense Loujine de Vladimir Nabokov

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mercredi 6 janvier 2016

La défense Loujine de Vladimir Nabokov

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La défense Loujine de Vladimir Nabokov, un roman incontournable sur les échecs à lire absolument.

Echecs & livres: la défense Loujine de Vladimir Nabokov
De tous mes livres russes, La défense Loujine est celui qui contient et dégage la plus grande chaleur dira Nabokov. Son livre sera publié pour la première fois dans les Sovreménnye zapiski ou « Notes contemporaines », un journal d'émigrés russes publié à Paris dans les années 1920, puis chez Slovo à Berlin en 1930.



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Les origines du roman sur les échecs

Le projet du roman date de la fin de l'année 1927, alors qu'il s'attaque à l'écriture de Roi, dame, valet et compose le poème Le Cavalier des échecs, qui présente les prémices du personnage de Loujine. La rédaction de La Défense Loujine commence en février 1929 par Nabokov alors qu'il résidait en France dans le village du Boulou dans les Pyrénées-Orientales afin de chasser les papillons. En juin, il retourne en Allemagne et en finit la composition à Berlin durant l'automne de la même année. Deux chapitres du roman paraissent tout d'abord en septembre 1929 et janvier 1930 dans le journal berlinois Roul, puis intégralement dans trois numéros de la revue parisienne de l'émigration russe Sovreménnye zapiski en 1930 sous le pseudonyme de V. Sirine. L'édition en un volume est publiée à Berlin par les éditions Slovo la même année.

Le livre et le DVD du film sorti en 2001

Dans ce roman, Vladimir Nabokov s'est inspiré de la vie de Curt von Bardeleben, un grand joueur d'échecs qui s'est suicidé en 1924 et dont l'histoire a retenu la célèbre défaite face à Steinitz.

Le moment clé de la partie Steinitz vs Von Bardeleben à Hastings en 1895

La passion dévorante pour les échecs au prix d'une vie

Vladimir Nabokov et son épouse Vera jouant aux échecs

Vladimir Nabokov et son épouse Vera jouant aux échecs

Il faut attendre les années 30 pour que les échecs soient le centre d'un roman. La défense Loujine (1930), de Vladimir Nabokov, décrit le processus mental des échecs sous l'angle narratif du joueur. Avec une subtilité psychologique extrêmement détaillée, Nabokov analyse comment, à force d'être obnubilé par sa passion, ce champion d'échecs sombre dans la maladie et doit abandonner la compétition. Tout joueur sera sensible à cette pérégrination logique, cet arpentage d'une combinaison décrite avec brio, où Loujine fit mentalement surgir d'un point de l'échiquier une dizaine de parties imaginaires et les perdit l'une après l'autre, jusqu'au moment où il flaira une combinaison délicieuse, fragile comme du cristal - et qui se brisa avec un léger tintement dès la première riposte de Turati.

La quatrième de couverture de la défense Loujine de Vladimir Nabokov

La défense Loujine est le troisième roman de Nabokov, écrit comme les deux précédents en russe et publié sous le nom de plume de V. Sirin. Publié en 1930, il n’est pas sans « rappeler », par certains aspects, le célèbre Joueur d’échecs de Zweig, publié pourtant quelques treize ans plus tard, mais que la notoriété aura favorisé face à l’œuvre de Nabokov. Pourtant, si les deux romans partagent un certain nombre de similitudes (le jeu d’échecs pour toile de fond, la monomanie du personnage principal), le propos, dans le fond, est totalement différent.

Ce que nous conte Nabokov, en évoquant le destin de Loujine, c’est le feu d’une passion à laquelle une vie est sacrifiée. Dès le départ, on sait que cela finira mal, tout simplement parce que cela ne peut pas finir autrement, parce qu’une vie sacrifiée à une passion, aussi brillamment le soit-elle, n’en demeure pas moins une vie sacrifiée. Cette passion, cependant, n’est pas qu’une fuite en avant folle et désespérée ; au contraire, jusque dans la folie, elle donne un sens à la vie, là où elle n’en avait pas, elle transforme quelqu’un en ce qu’on n’osait espérer. En un mot, elle permet à un homme fade et terne de devenir un héros de roman.

Pour en savoir plus : Notre chronique Livres

Xavier Tartacover (1887–1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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