Échecs & Stratégie: 01/05/17 - 01/06/17

mercredi 31 mai 2017

Jouez à la question du mercredi sur les échecs

Quel est le patronyme de ce célèbre rappeur et acteur américain, joueur d'échecs à ses heures ?

Jouez à la question du mercredi sur les échecs - Photo © Chess & Strategy

Costume blanc et cravate noire, il affronte ci-contre Jeremy Piven en 2015.

Né en 1984 à Cleveland dans l'Ohio, il emménage à New York dans l'espoir de devenir rappeur. En 2009, son premier single atteint le top cinq des classements Billboard. Le titre est présent dans la mixtape et premier album Man on the Moon: The End of Day (2009), certifié disque d'or par la Recording Industry Association of America.

Une vie pleine d'échecs : drame familial et dépression

Né d'un père mexicain et afro-américain et d'une mère afro-américaine, il grandit à Cleveland, dans l'Ohio avec ses deux frères, Domingo et Dean, et sa sœur, Maisha. Son père meurt d'un cancer en 1995 alors qu'il n'a que 11 ans. Pour fuir cette dure réalité, il se replie sur lui-même et vit dans son imaginaire pour s’évader.

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UN NOUVEL INDICE POUR VOUS AIDER

Fin 2016, le rappeur raconte sa descente aux enfers

À 32 ans, il s'est confié à ses fans dans un long et émouvant message sur Facebook. Il exprime son mal-être permanent et annonce qu'il s'est rendu de lui-même en centre de désintoxication mercredi 5 octobre 2016. Le rappeur qui confie n'avoir jamais été en paix avec lui-même, est hospitalisé pour dépression, anxiété et pulsions suicidaires.(Sources : Wikipedia et Le Figaro)

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N'hésitez pas à recommander Chess & Strategy auprès de vos amis, qu'ils soient amateurs d'échecs, de musique, de cinéma ou encore de littérature.

Retrouvez toutes nos questions people du mercredi.

mardi 30 mai 2017

PARIS GRAND CHESS TOUR : un chef-d’œuvre d’alchimie

Une chronique épique en 5 articles signée Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu [Episode 5/5 : Des tempêtes d’émotions]


Étrange tribu que celle des passionnés du noble jeu. Insolite spectacle que cette joute échiquéenne en quête d’aura médiatique. Après projection d’une brève et non moins tonitruante video-gimmick donnant le top départ de chaque ronde, la scène impose aussitôt l’ambiance d’un théâtre figé où le silence vaut règle d’or. À part la dramaturgie que chaque échiquier déroule sous l’œil des amateurs éclairés, tout n’est que gestes, grimaces, manies, mimiques, postures : des tempêtes d’émotions que le visage des grands maîtres peinent à dissimuler.

Si le mutisme est de rigueur parmi les spectateurs, la nature humaine reprend vite ses droits au gré de tentations trop fortes : des voix à peine audibles bredouillent, chuchotent, marmonnent, murmurent, soupirent. Des sons plus disgracieux viennent aussi rythmer la messe basse : certains éternuent, reniflent, ricanent en douce, chassent un chat dans la gorge ou toussent à gorge déployée. Ainsi s’improvise un théâtre sans parole, austère et figé, où les acteurs — les grands-maîtres — savent comme nul autre pareil oublier l’humeur badine des spectateurs. Seul son régulier, tel un métronome déréglé : le cliquetis des pendules d’échecs, actionnée chaque fois qu’un joueur vient de jouer un coup… et le souffle sourd d’un climatiseur.

Dans cette liturgie trop bien rôdée, si peu palpitante au premier coup d’œil, tout le spectacle, — le beau, le bon, le vrai —, réside dans la silhouette des grands maîtres, maîtres du jeu, maîtres du temps, maître de l’espace, du moins celui de l’échiquier. Des acteurs muets dont les contorsions soudaines parlent mieux qu’une sublime tirade.

Magnus Carlsen et Vladimir Kramnik, deux champions du monde d'échecs prêts à en découdre au Paris Grand Chess Tour 2016 - Photo © Chess & Strategy

Ci-contre, Magnus Carlsen et Vladimir Kramnik, deux champions du monde d'échecs prêts à en découdre à Paris - Photo © Chess & Strategy

Avant le début des parties, au moment où les joueurs attendent sagement le top-départ arbitral, des questions existentielles nous saisissent : à quoi songe un grand maître d’échecs, rivé sur son fauteuil, dans ce temps suspendu ? Quelles pensées l’habitent pendant qu’il scrute la salle d’un regard détaché ? Lui aussi, connaît-il ce petit pincement au cœur du joueur d’échecs qui ignore tout du combat qui l’attend ?

Aux échecs aussi, l’homme n’est qu’un misérable petit tas de secrets.

Au début des parties, s’offre à nous une chanson de gestes aussi éloquentes qu’expéditives. Combat frontal sur les échiquiers. Absorbés dès les premières secondes, les grands maîtres ne se croisent plus du regard. Neurones, yeux et mains déroulent de concert un large répertoire d’ouvertures, témoignant un admirable sang-froid. Moins de cinq minutes leurs suffisent bien souvent pour jouer les douze premiers coups avant que la partie n’adopte un rythme plus paisible. Juste en apparence puisque les joueurs mettent à profit ce calme pour fomenter les pires complots dans un dédale de combinaisons où ils ne perdent jamais le fil d’Ariane.

Au cours des parties, — pendant moins d’une heure — le spectacle oscille entre science échiquéenne et peinture de caractères. Au fil des postures qu’ils affectionnent, les champions deviennent les « acteurs malgré eux » d’un théâtre muet où la maîtrise de soi doit faire face à de multiples assauts d’émotions que le visage, les mains, les jambes trahissent tour-à-tour.

Le grand maître est-il en pleine réflexion ? Son corps parle pour lui. La tête est souvent calée entre les mains. Une main gratouille parfois le menton. Ou alors le bras est accoudé, et un doigt s’affaire à chatouiller le bout du nez. En courbant le dos, la réflexion semble plus appliquée, plus profonde, plus vigilante encore : les fesses sur le bord du fauteuil, les deux bras accoudés pour enserrer les tempes entre les mains à la façon de Vladimir (Kramnik), ou la colonne vertébrale presque à l’horizontale avec menton sur la table, à la manière extravagante de Magnus (Carlsen). La seconde fatale approche. Le grand maître s’apprête à jouer son coup. Avant de saisir la pièce à jouer, la main est comme adoubée par la tête. Vladimir se caresse doucement le crâne. Avec sa paume, Levon (Aronian) se brosse les cheveux. Le coup est-il audacieux ou périlleux ? Une prière n’est pas superflue. Et voilà que le corps supplie : Laurent (Fressinet) adosse sa tête sur le fauteuil et fixe les yeux au ciel comme pour implorer la Providence.

Indispensable autant qu’inséparable, le petit rituel de la bouteille œuvre aussi à la gymnastique cérébrale. Vladimir (Kramnik) boit à petites gorgées, autant pour savourer l’eau fraîche que pour rafraîchir ses idées. Rigueur de tempérament ou indice de fétichisme ? Laurent (Fressinet) signe sa soif d’un geste répétitif : il place toujours sa bouteille de soda, par terre, à sa droite.

Le grand maître vient-il de jouer son coup ? Son corps revendique soudain un rien de frivolité. Vladimir (Kramnik) s’adosse bien droit pour observer de loin la progression de ses pièces. Levon (Aronian) fait pivoter son fauteuil, agite son fessier et jette un œil sur le grand écran projetant les parties en cours. Magnus (Carlsen) se lève d’un pas décidé pour se dégourdir les jambes, tournant autour de sa proie ou posant un regard furtif sur un échiquier voisin.

Au terme des parties, l’humeur oscille sans nuance entre joie contenue et colère froide, selon l’issue plus ou moins faste du combat bien sûr. Après avoir convenu d’une partie nulle, âprement disputée, Levon et Magnus entament une conversation sereine et souriante. Mais la dramaturgie du tournoi ne saurait se satisfaire d’aimables causeries. Selon que le grand maître a gagné ou perdu, le corps parle là encore, au gré de gestes mécaniques qui laissent aussitôt deviner le résultat. Est-il victorieux ? Il se lève d’un mouvement ample et volontaire, enfile son blazer d’un sourire discret, et déambule d’un pas léger sur la scène pour regarder ses rivaux encore à l’œuvre. Décente et modeste, la victoire.

Est-il démoli ? Il ajuste nerveusement son blazer. La mine grave, le regard sombre, il descend les marches de la scène d’un pas lent, accélère soudain pour traverser la salle, dans une rage intérieure que sa foulée défoule. Perdu dans sa repentance, il fuit comme poursuivi par un cortège de regrets et de remords. Afflictive et blessante, la défaite.

Privilège ou sacrilège de grand maître ? Une fois la partie terminée, gagnant ou perdant, il laisse l’échiquier en l’état, sans prendre soin de remettre les pièces en ordre de bataille. Rôle dévolu à l’arbitre selon un protocole de compétition qui ne montre pas le meilleur exemple aux enfants indisciplinés. Les rondes se suivent et ne se ressemblent pas, au fil des joies et des peines qui bruissent d’émotions lors de l’entracte.

L’empathie gagne les cœurs lorsque notre regard s’attarde sur la mine contrariée d’un grand maître qui enchaîne deux ou trois défaites consécutives. Chapeau bas pour leur persévérance : mais où trouvent-ils les ressources pour aborder la prochaine partie comme si de rien n’était ?

Émotion contenue dans une salle stupéfaite au moment où Magnus (Carlsen) perd sa partie au temps face à Wesley (So). Partage de la souffrance intense face à cette défaite injuste : comment un grand maître, tout champion du monde qu’il est, peut-il se remettre d’un tel revers ? N’est-ce pas là que jaillit sa force prodigieuse ? Savoir encaisser la défaite bien plus que jouir de la victoire. Puissant ressort de son for intérieur, ce tribunal de la conscience qui surpasse en toute sagesse les violentes facéties de ce jeu « plein de cris, de jurons et de fureurs ».

Vénérables ces grands maîtres, admirables leurs performances, incomparable leur force de caractère ! Par-delà ces vérités premières, ce PARIS GRAND CHESS TOUR redonne au jeu d’échecs ses lettres de noblesse. Il y parvient avec brio parce qu’il s’affiche en grand tournoi, parce qu’il propose un vrai spectacle, parce qu’il assume le ton et le rythme d’un « wonderful entertainment » : trois dimensions qui unissent tous les joueurs d’échecs dans leur passion insatiable, des « pousseurs de bois » jusqu’aux experts en acier trempé.

Cet événement présente déjà toutes les apparences de la perfection. Ne boudons pas alors notre plaisir !

Si le jeu d’échecs est parfois perçu comme « la manière la plus intelligente de perdre son temps », — dixit Albert Einstein — n’opère-t-il pas aussi la magie d’émerveiller le temps qui passe ?

Avec PARIS GRAND CHESS TOUR, le noble jeu a trouvé un temple à sa mesure : la Maison de la Chimie… Ou plutôt Maison de l’Alchimie, là où l’élixir de longue vie s’écoule, à petites gouttes, sur l’échiquier, et nulle part ailleurs. Et si le jeu d’échecs œuvrait tout simplement à ré-enchanter le monde ?

Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu

dimanche 28 mai 2017

Découvrez ChessTips pour progresser aux échecs !

PHILIPPE DORNBUSCH LANCE CHESSTIPS, UNE NEWSLETTER GRATUITE A PARTAGER ENTRE AMIS !

Conformément à ce que nous annonçions dans notre programme concret, nous vous proposons une NEWSLETTER GRATUITE sur les échecs.

Nous vous offrons aujourd'hui le numéro 2 de ce nouveau site intitulé Chesstips. Un service totalement gratuit, sans publicité et dédié aux amoureux du noble jeu. C'est notre conception d'une Fédération Française Nouvelle & Moderne.

Newsletter n°2 sur les échecs : la fourchette de cavalier

Lancement officiel de Chesstips, les échecs par mail - Photo © Chess & Strategy

Le Cavalier est considéré comme la pièce la moins forte aux échecs, en dehors du pion bien entendu. Comme nous l’a enseigné le génial champion du Monde José Raúl Capablanca, l’autre pièce mineure, le Fou, est supérieure dans 90% des cas. Il n’empêche que sa spécificité fait du Cavalier une pièce terriblement dangereuse.

Son agilité, ses bonds lui permettent de créer la surprise. C’est pourquoi l’attaque double du Cavalier est un peu à part et porte même un nom : la fourchette.

Quand les circonstances s’y prêtent, le Cavalier peut causer des dommages considérables.

La solution de cet exercice

La réponse 1.Df5+!! Rxf5 2.Ce7+!! Txe7

Les Blancs accusent maintenant un déficit d’une Dame et deux Tours – soit environ 19 « pions ». Il ne leur reste qu’un Cavalier, mais il est courageux… 3.Ce3+ Rf6 4.Cxd5+ Rf5 5.Cxe7+ Rf6 6.Cxg8+ Maintenant que l’armée adverse est décimée, c’est au tour du monarque de souffrir : 6...Rf5 7.Ce7+ Rf6 8.Cd5+ Rf5 9.g4#

Pour vous abonner et découvrir Chesstips rendez-vous sur le site chesstips.fr. En trois clics vous recevrez vos premiers tips !

PARIS GRAND CHESS TOUR : un chef-d’œuvre d’alchimie

Une chronique épique de Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu [Episode 4/5 : Tribu bizarre et sketches insolites]

Les 10 participants du tournoi d'échecs de Paris 2016

Les stars des échecs à Paris

Dans la salle, un autre spectacle se joue : l’étrange ballet, tantôt inerte, tantôt alerte, des spectateurs chevronnés. Une tribu bizarre qui mériterait une longue immersion pour en tirer un amusant traité d’ethnologie échiquéenne.

Les joueurs d'échecs, une cible rêvée pour les opticiens ?

La majorité des aficionados présents — il faudra bien un jour inventer un mot pour qualifier ces passionné(e)s du noble jeu — sont assez jeunes, moins de trente ans probablement. Apparence juvénile plutôt qu’allure jeune : visages boutonneux, chevelures brouillonnes, tee-shirt à la gloire du jeu d’échecs, débit rapide de paroles lapidaires, langage abscons feignant la parfaite maîtrise du jeu, lunettes plus ou moins épaisses, plus ou moins petites, plus ou moins propres… Quatre spectateurs sur cinq portent des prothèses oculaires : quelle plus belle cible marketing pour les opticiens !

En marge de cette « joyeuse d’jeunitude », une population assez spéciale mérite une mention toute particulière, celle des vaillants sexagénaires volubiles communiant au port de la casquette et du sac-à-dos. Là aussi, une exploration ethnologique s’impose : chercher à comprendre pourquoi cette tribu de têtes blanches éprouve le besoin d’exhiber leurs jambes blanches et noueuses sous un bermuda désinvolte… Dans cette scénographie où la spontanéité s’affranchit de tout scénario, tout ce petit monde rivalise de sketches insolites.

Un élégant praticien du droit, costume sans cravate, confesse à un ami sa dérobade judiciaire : « J’ai obtenu le report de l’audience de cet après-midi pour pouvoir assister à ce tournoi. » Comme quoi la passion du noble jeu sait bien s’accommoder de la conscience professionnelle…

Un fringant quinquagénaire, jean propre, chemise blanche, veste claire, — profil fonctionnaire de l’Éducation nationale en goguette —, se livre à de savants commentaires en prenant soin de plier son journal Libération. Signature gestuelle d’une opinion assumée, celle de la gauche bien-pensante.

Oui, le spectacle est dans la salle. Et le jeu d’échecs y participe de près ou de loin. À voix basse, un homme développe un trésor de patience pour expliquer à son épouse le pourquoi du comment d’une combinaison que vient de jouer un grand maître. Un enfant pointe du doigt un diagramme pour chuchoter une combinaison que son père n’avait pas vue. Un spectateur senior tripote de ses mains graciles ses jumelles de théâtre : échéphile passionné scrutant les parties en cours projetées sur l’écran ou intrigué par la psycho-morphologie des grands maîtres d’échecs ? Au cours d’une ronde, un téléphone sonne dans la salle — grave entorse aux prescriptions arbitrales —. Regard noir du grand maître Hikaru (Nakamura) en direction de l’anonyme importun. L’obscurité se joue du psychodrame. Moins de trois secondes et l’incident est clos.

Oui, le spectacle est dans la salle. Et la passion du jeu d’échecs malmène quelque peu les règles élémentaires du savoir-vivre. Un maladroit, regagnant son fauteuil, écrase le pied de son voisin : cri de douleur et noms d’oiseau. Un jeune homme à l’allure de gros bébé, assis devant moi, dégage une odeur nauséabonde : grève de douche depuis plusieurs semaines ? Il faudra un jour écrire un livre sur les approximations récurrentes que certains joueurs d’échecs trop inhibés concèdent à l’hygiène…

Oui, le spectacle est dans la salle, et le jeu d’échecs sourit à la magie d’un instant. Tombé du ciel ou de nulle part, un petit morceau de feuille aluminium, tel un confetti brillant, vient choir sur la scène, sous le regard amusé du grand maître Anish (Giri) : déconcentration imputable à un fait extérieur… La Providence aussi se joue du règlement.

Oui, le spectacle est dans la salle. Il joue aussi les prolongations dans le hall d’entrée, au moment des entractes — vingt à trente minutes — qui ponctuent la transition d’une ronde à l’autre. Dès que tombe le verdict du dernier échiquier encore en lice, salve d’applaudissements, sourde clameur et brouhaha libérateur balaient la torpeur apparente de la salle. Les jambes sont engourdies, les esprits endoloris parfois. Une dame distinguée à l’accent so british avoue à sa voisine s’être endormie sur son fauteuil… D’un même élan libérateur, tout le monde se lève dans le fracas feutré des sièges qui se plient. Chacun y va de son commentaire à chaud ou de sa sentence à froid.

Certains admettent ne pas avoir saisi les fines subtilités de combinaisons épiques. D’autres s’inventent le génie infatué d’avoir tout compris. Dans la salle des pas perdus, un ballet bien rôdé met en scène diverses options récréatives. Des enfants chassent les autographes. Des badauds tendent l’oreille aux interviews que les champions accordent aux journalistes-chroniqueurs et vont rôder à l’entrée du plateau Dailymotion-TV. D’autres s’excitent face à un grand écran tactile permettant de revisiter les parties jouées à l’instant par les grands-maîtres, « juste pour tester une combinaison qui paraissait peut-être jouable », dixit un grand dadais qui se la joue « amateur devient maître ».

Les gourmands se précipitent à la cafétéria où les attendent biscuits, café et jus de fruits. Dans le salon VIP, le champagne pétille et les amuse-gueule sourient. Les toilettes sont prises d’assaut après ce court épisode d’émotions gustatives et de bavardages futiles. La tribu disciplinée regagne la salle de spectacle pour assister à la prochaine ronde. Chacun retrouve son fauteuil et son voisin de compagnie. Un rustre refuse de céder la place qu’il vient de subtiliser, après l’entracte, à un jeune homme l’implorant poliment : « Ici, cela se passe comme ça, pas de place réservée ! », avec l’aplomb du goujat dans toute sa splendeur. Encore un livre à écrire sur les rapports tumultueux que certains joueurs d’échecs entretiennent avec la civilité.

Qu’il soit révélateur ou non de l’addiction échiquéenne, cet assaut d’impolitesse n’est point anodin. N’exprime-t-il pas le tropisme, l’égoïsme, l’égocentrisme du passionné du noble jeu, prêt à toutes les incartades, — même les plus minables —, pour jouir sans entrave, hic et nunc, de sa passion dévorante ?

Pour Michel Cymes, les échecs c'est bon pour le mental et le physique

Dans son dernier livre sur le cerveau, le médecin le plus médiatique du PAF veut nous convertir aux subtilités de la diagonale du fou.

Pour Michel Cymes, les échecs, c'est bon pour le mental et le physique - Photo © RTL
Pour réécouter Michel Cymès sur RTL :

Le Comité olympique considère le jeu d'échecs officiellement comme un sport de l'esprit depuis près de vingt ans, même si les échecs ne figurent pas encore au programme des JO. Cette discipline permet de muscler le cerveau, même si celui-ci n'est pas un muscle mais un organe. Ce jeu de société fait travailler notre cerveau. D'abord en obligeant à la réflexion. Tout joueur d'échecs apprend rapidement qu'il faut y réfléchir à deux fois avant de déplacer une pièce. En cas d'erreur, la sanction est immédiate.

Par ailleurs, la finalité est toujours la même : il faut éviter de se faire manger le roi, la pièce maîtresse par excellence. Pour la protéger, il faut parfois sacrifier d'autres pièces moins importantes. Tout cela impose de raisonner de manière la plus logique possible.

10 puissance 120 possibilités, c'est bon pour développer sa créativité !

Mais ce sport est surtout recommandé pour développer la créativité. On a pourtant l'impression que toutes les parties d'échecs se ressemblent.

Sur un échiquier, il y a 64 cases et 32 pièces. Dès le premier coup, il y a vingt possibilités. Le second, on passe à quatre-cents possibilités. Au bout du compte, on arrive à 10 puissance 120 possibilités. Tout cela est excellent pour la créativité, mais aussi pour garder l'esprit en éveil et l'inciter à inventer de nouvelles combinaisons.

Mais il y a aussi du physique dans les échecs.

Une partie peut durer plusieurs heures, ce qui demande de l'endurance.

Tout l'organisme est sollicité. Plusieurs expériences ont montré qu'au cours d'une partie le rythme cardiaque du joueur peut approcher les 200 pulsations par minute. Les variations du risque cardiaque, au moment de déplacer sa reine, ressemblent à celles des pilotes de Formule 1 dans les chicanes d'un circuit. Certains joueurs, après une compétition, perdent du poids. En 2005, lors de la Coupe du monde, l'Ukrainien Ruslan Ponomariov a perdu cinq kilos en trois semaines de compétition.

Pour en savoir plus : L'article de RTL

samedi 27 mai 2017

Edouard remporte le 6ème Open d’échecs de Martinique

Antilles : Destination de rêve pour jouer aux échecs, la Martinique organisait son 6ème Open d'échecs avec de nombreux joueurs titrés.

Romain Edouard remporte le 6ème Open d’échecs de Martinique - Photo © France-Antilles

La remise des prix de l'Open d'échecs - Photo © France-Antilles

Le 6ème Open international d’Echecs de Martinique s’est déroulé du 9 au 13 avril 2017 à l’Hôtel La Batelière de Schœlcher. Cet événement échiquéen de haut niveau a rassemblé 94 joueurs qui se sont affrontés sur l’échiquier en 9 parties de 4h à raison de 2 parties par jour. La victoire est revenue au grand-maître Romain Edouard avec 8,5 points sur 9 au départage.

Classements et prix offerts par BNP PARIBAS et GBH

Les 10 premiers après match de départage pour la première place :

1er : Romain Edouard, 2ème : Fabien Libiszewski, 3ème : Matthieu Midonet, 4ème : Evgenij Ermenkov, 5ème : Pascal Verneuil, 6ème : Alina L'Ami, 7ème : Gilles Suez-Panama , 8ème : Pierre Grego , 9ème : Rodny Joachim et 10ème : Yonhel Medeuf.

Le prix du meilleur joueur martiniquais revient à Matthieu Midonet (2247 Elo Fide - Echecs Club de Terreville) et celui de la meilleure joueuse martiniquaise à Liliane Assouvie (1426 Elo Fide - club d'échecs de l'Arsenal), prix offert par Air Caraibes.

Une simultanée d'échecs jouée par le grand-maître Fabien Libiszewski - Photo © France-Antilles

Une simultanée d'échecs jouée par le grand-maître Fabien Libiszewski - Photo © France-Antilles

Des prix spéciaux, dont les prix féminins et les prix par équipe de jeunes, ont été offerts par Chess Club Live qui est une plateforme qui rassemble une importante communauté de joueurs d’échecs dans le monde entier. Son fondateur, qui faisait partie du tournoi, Michael Mkpadi du Royaume Uni, a été séduit par l’ambiance du tournoi et a proposé spontanément de devenir partenaire de l’événement pour cette année et surement les prochaines. Son slogan : « Chess is a conversation ! ».

Pour en savoir plus : La ligue d'échecs de la Martinique - Le détail du tournoi

Quiz hebdo sur les échecs: le podium de nos lecteurs

Quel est le patronyme de ce joueur d'échecs américain disparu en 2017 et qui fut champion des États-Unis de 1954 à 1957 ?

Jouez à la question du mercredi sur les échecs - Photo © Chess & Strategy

Né le 8 octobre 1929 dans le Bronx à New York et mort à 87 ans, le 5 avril 2017 à Framingham dans le Massachusetts, il apprit les échecs à quatre ans. Il fut champion des États-Unis junior à deux reprises en 1948 et 1949, année où il remporta le championnat du club d'échecs de Manhattan.

Champion des Etats-Unis avant l'émergence de Bobby Fischer

En mai-juin 1954, à New York, il gagna le championnat des États-Unis lors de sa première participation, devançant le champion en titre, Larry Evans, d'un point, en l'absence du meilleur joueur américain Samuel Reshevsky. Ce joueur d'échecs resta champion des États-Unis pendant trois ans car son titre ne fut remis en jeu qu'en fin 1957 - début 1958, et remporté par l'étoile montante des échecs américain et futur champion du monde, Bobby Fischer.

Il fut cinq fois membre de l'équipe des États-Unis aux olympiades d'échecs. En 1958 à Munich, il était troisième échiquier de l'équipe américaine et il joua au quatrième échiquier lors de quatre olympiades : en 1952 à Helsinki, en 1960 à Leipzig, en 1964 à Amsterdam et en 1972 à Skopje.

UN NOUVEL INDICE POUR VOUS AIDER

Ses résultats marquants en tournoi d'échecs

En tournois, il remporta la victoire dans plusieurs opens américains dont Lone Pine 1973, les National Opens de 1970, 1974 et 1978. À l'étranger, il participa au tournoi de Bled 1961 où il finit 9e-10e avec la moitié des points (9,5 points sur 19) et battit les champions soviétiques Paul Keres et Efim Geller ainsi que Miguel Najdorf. Il finit premier ex æquo (avec Boris Spassky) du tournoi international de Puerto Rico 1969. (Source Wikipedia)

LE PODIUM HEBDO DE NOS LECTEURS

La Palme d'Or Chess & Strategy de cette semaine revient à Jean Marie Barré, premier lecteur à avoir répondu brillamment mercredi à 19h56 précises. La Palme d'Argent est décrochée par Jean-Philippe Turquet à 21h09, à 1 heure et 13 minutes de l'Or stratégique.

Gagnez la Palme d'or des échecs de Chess & Strategy !

Enfin, la Palme de Bronze revient à Patrick Pineau à 21h29, soit à 20 minutes de la Palme d'Argent. L'horodatage des réponses des candidats est réalisé par Maître Founiasse - célébrissime huissier de justice - avec une double vérification sur Thunderbird et Gandi Webmail !

Bravo à Jean Marie, Jean-Philippe et Patrick. Un grand MERCI à vous, chers lectrices et lecteurs, pour votre fidélité.

Retrouver toutes nos questions people du mercredi

vendredi 26 mai 2017

Ils ont sauvé leur village en jouant aux échecs

On ne dira jamais assez combien la pratique du jeu d'échecs est bénéfique pour la santé et la lutte contre les addictions

Nihal Sarin , un prodige indien aux échecs

L'histoire du jour que relate le Huffingtonpost a des relents de retour vers la case départ puisque les échecs ont été inventé en Inde au Vème siècle de notre ère.

Le jeu d'échecs porte mal son nom, surtout s'il est à l'origine d'une grande réussite. Dans un village indien du Kerala, il a permis d'enrayer une spirale infernale faite d'alcool et de jeux d'argent.

A Marottichal, près d'une forêt du nord de l'Inde, le propriétaire d'un salon de thé raconte à la BBC: "Les échecs nous aident à surmonter nos difficultés et nos souffrances. Sur un plateau, tu te bats, comme tu te défends contre les aléas de la vie quotidienne."

4 000 personnes y jouent sur 6 000 habitants

Cette passion est née grâce à Unnikrishnan, qui a appris à ses amis à jouer aux échecs. Depuis, le village entier s'est pris de passion pour ce jeu. Dans les autres communes, le nombre maximum de joueurs ne dépasse pas les cinquante, précise le président de l'association d'échecs locale, surnommé Baby John. Ici, quatre mille personnes sur six mille jouent presque tous les jours. Au moins une personne par foyer sait jouer aux échecs.

La popularité de ce jeu a augmenté en même temps que déclinait l'alcoolisme et les paris. Le village a commencé à bâtir son identité sur ce savoir-faire. Il a transformé la pratique de ce jeu en une culture locale, si prégnante que les addictions aux jeux d'argent et à l'alcool se sont affadis.

Les échecs améliorent la concentration, forgent le caractère et créent un sentiment de communauté", explique l'homme au salon de thé. Ici, nous ne regardons pas la télévision, nous nous parlons et nous jouons.

Femmes et hommes se sont convertis, enfants et seniors aussi. Des endroits dans le village sont entièrement consacrés à ce jeu.

L'intérêt de jouer aux échecs à tout âge de la vie

Michel Cymes : les échecs c'est bon pour votre cerveau

Dans son dernier ouvrage sur le cerveau, le Docteur Michel Cymès cite les 10 bonnes raisons de jouer aux échecs. Contrairement à une idée répandue, apprendre à jouer aux échecs n’est pas compliqué. Il suffit d’être informé de la manière dont les différentes pièces se déplacent ; c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Ensuite, il ne reste qu’à jouer pour que s’installent certains réflexes. Vous serez surpris par votre progression.

Les bienfaits des échecs ont fait l'objet d'une session de conférences à Paris en 2016. A cet événement, le sextuple champion du monde, Anatoli Karpov, déclarait: "Un nombre important de personnes, dans de nombreux pays, prennent conscience de l'impact que les échecs peuvent avoir sur la santé et le bien être des individus. Ce jeu peut devenir un véritable outil de lutte contre les maladies cognitives chez les personnes âgées.

Pour en savoir plus : L'article du Huffington Post
Les 10 raisons de jouer aux échecs selon Michel Cymes

Découvrez ChessTips pour progresser aux échecs !

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Foudroyant autant que démoniaque ! notre dernier conseil.

Face au champion du monde en titre, Alexander Alekhine, et qui plus est l'un des meilleurs tacticiens et attaquants ayant jamais existé, le pauvre Supico a dû se sentir dans ses petits souliers. Quel est le coup blanc le plus précis pour s’imposer ?

Découvrez ChessTips pour progresser aux échecs ! - Photo © Chess & Strategy

Autant l'on peut parfois faire illusion un moment contre un adversaire beaucoup plus fort, dans un début paisible tel que celui du pion dame par exemple, autant on risque d'être le triste héros d'une miniature quand le joueur du calibre d'Alekhine commence immédiatement à sacrifier des pions pour l'initiative dans une ouverture du pion roi.

1.e4 e5 2.d4 exd4 3.c3 dxc3 4.Cxc3 Fb4 5.Fc4 De7? 6.Cge2 Cf6 7.0-0 0-0 [7...Cxe4? 8.Cd5 Dc5 9.Fe3 Dxc4 10.Tc1+- Hans Müller] 8.Fg5 De5 9.Fxf6 Dxf6 10.Cd5 Dd6 11.e5 Dc5 12.Tc1 Da5 [12...Fa5 13.Fd3! Dxd5 14.Fxh7++- Hans Müller] 13.a3 Fxa3 14.bxa3 c6 15.Ce7+ Rh8 16.Dd6 Dd8 17.Cd4 b6 18.Tc3 c5 19.Cdf5 [19.Th3 cxd4 20.Dg6 h6 21.Txh6+ gxh6 22.Dxh6# Hans Müller] 19...Fa6. La position du diagramme

Ce que jouent les Noirs depuis quelques coups n'a plus beaucoup d'importance, mais cette sortie du Fou permet aux Blancs de conclure par un final étincelant. Si vous doutiez qu'Alekhine fût l'un des plus brillants joueurs de toute l'histoire des échecs, vous avez l'occasion de démontrer votre talent en tentant de l'égaler. A vous de jouer avec les Blancs ! Spielmann disait d'Alekhine « Il joue l'ouverture comme un livre, le milieu de partie comme un magicien et les finales comme une machine».

La solution : Dans cette rencontre, il conduit les deux premières phases avec une maestria telle que la troisième s'avère inutile. Après son coup 20.Dg6 !!, les menaces sont aussi innombrables qu'imparables, par exemple 21.Dxg7#, ou 21.Dxh7+ suivi de 22.Th3#, ou bien encore 21.Th3, et j'en passe. La clé est le splendide, 20.Dg6 !! Les Noirs qui sont knock-out debout, jouent le premier coup venu. Cela dit, ils ne tenaient pas beaucoup plus longtemps après 20...fxg6 21.Cxg6+ hxg6 22.Th3+ Dh4 23. Txh4#.

Nos conseil : Dans les positions où l'adversaire dispose d'une forte initiative, ne succombez à des mirages en vous laissant intimider sans raison, ce qui conduit souvent à jouer des coups de défense passifs, affaiblissants ou sans objet. N'analysez plus en fonction des principes généraux mais concrètement, en recherchant avant tout les coups de développement "normaux", pour vérifier si - malgré les menaces adverses - ils ne seraient pas malgré tout jouables. Tâchez de sortir vos pièces, de roquer, votre position saura vous en remercier.

Pour aller plus loin : Nous vous conseillons l’étude du livre de Frank Lohéac-Ammoun : Echec et Mat, de l'initiation à la maîtrise

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mercredi 24 mai 2017

Jouez à la question du mercredi sur les échecs

Quel est le patronyme de ce joueur d'échecs américain disparu en 2017 et qui fut champion des États-Unis de 1954 à 1957 ?

Jouez à la question du mercredi sur les échecs - Photo © Chess & Strategy

Né le 8 octobre 1929 dans le Bronx à New York et mort à 87 ans, le 5 avril 2017 à Framingham dans le Massachusetts, il apprit les échecs à quatre ans. Il fut champion des États-Unis junior à deux reprises en 1948 et 1949, année où il remporta le championnat du club d'échecs de Manhattan.

Champion des Etats-Unis avant l'émergence de Bobby Fischer

En mai-juin 1954, à New York, il gagna le championnat des États-Unis lors de sa première participation, devançant le champion en titre, Larry Evans, d'un point, en l'absence du meilleur joueur américain Samuel Reshevsky. Ce joueur d'échecs resta champion des États-Unis pendant trois ans car son titre ne fut remis en jeu qu'en fin 1957 - début 1958, et remporté par l'étoile montante des échecs américain et futur champion du monde, Bobby Fischer.

Il fut cinq fois membre de l'équipe des États-Unis aux olympiades d'échecs. En 1958 à Munich, il était troisième échiquier de l'équipe américaine et il joua au quatrième échiquier lors de quatre olympiades : en 1952 à Helsinki, en 1960 à Leipzig, en 1964 à Amsterdam et en 1972 à Skopje.

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UN NOUVEL INDICE POUR VOUS AIDER

Ses résultats marquants en tournoi d'échecs

En tournois, il remporta la victoire dans plusieurs opens américains dont Lone Pine 1973, les National Opens de 1970, 1974 et 1978. À l'étranger, il participa au tournoi de Bled 1961 où il finit 9e-10e avec la moitié des points (9,5 points sur 19) et battit les champions soviétiques Paul Keres et Efim Geller ainsi que Miguel Najdorf. Il finit premier ex æquo (avec Boris Spassky) du tournoi international de Puerto Rico 1969. (Source Wikipedia)

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Retrouvez toutes nos questions people du mercredi.

PARIS GRAND CHESS TOUR : un chef-d’œuvre d’alchimie

Une chronique épique de Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu [Episode 3/5 : Des silhouettes théâtrales]

Les grands-maîtres Veselin Topalov et Maxime Vachier-Lagrave s'affrontent au Paris Grand Chess Tour 2016 - Photo © Chess & Strategy

Configuration de la scène oblige, nos dix grands maîtres empruntent, sans doute malgré eux, une silhouette théâtrale. Chacun son style, son allure, sa posture. Chacun son tempérament, sa génération, son lien au sol et au sang. Un casting sur mesure, comme le noble jeu en a le secret. J’ignore si je suis dans le vrai. Mais, comme tout spectateur, j’ai ma propre perception de leur personnalité, au fil d’affinités imaginaires et de préjugés plus ou moins tenaces.

Qui sont ces joueurs d'échecs ?

À tout seigneur tout honneur, Magnus (Carlsen), le champion du monde en titre, me semble en tout point fidèle à mes impressions premières : une démarche chaloupée d’ado dégingandé. Un air juvénile dissimulant une maturité accomplie.

Son assurance, non feinte, démontre qu’il n’est en rien intimidé par la présence de ses deux aînés ex-champions du monde. Veselin (Topalov), visage sage et docte, a la mise élégante d’un grand maître bulgare jailli du XIXe siècle. Vladimir (Kramnik) a la carrure du grand-frère protecteur, à l’autorité morale incontestée, tel le commandeur d’un ordre chevaleresque.

Les autres, moins connus du grand public, laissent paraître un caractère en belle harmonie avec la consonance de leur patronyme. Levon (Aronian), sourire avenant et mimiques espiègles, semble être au noble jeu ce que Charles Aznavour est à la chanson française : un artiste arménien inoxydable. Fabiano (Caruana), placide, timide peut-être, un rien engoncé, semble avoir perdu l’exubérance latine de ses racines. Anish (Giri), jeune néerlandais natif de Russie, a la maigreur ascétique de l’étudiant surdoué, dévoué à son art et insouciant du reste. Hikaru (Nakamura) et Wesley (So), deux américains de sang asiatique, projettent sur l’échiquier tous les mystères de l’Orient : visage impénétrable et sourire énigmatique.

Plus patriotique que chauvin, mon admiration devient sélective à l’endroit de nos deux grands maîtres français. Laurent (Fressinet) a tout du brillant élève, un de ces matheux froids et austères comme le jeu d’échecs les adule. Pensée fugace et cocasse : son profil me suggère qu’il est un fils naturel de Jean-François Copé, l’homme politique auto-proclamé surdoué, lui aussi joueur d’échecs. À bien réfléchir, elle n’est pas très gentille cette comparaison loufoque. Parce que Laurent affiche à tout instant l’aimable simplicité que son père putatif n’a pas.

Taillé dans le même bois, celui des garçons sages, Maxime (Vachier-Lagrave) emprunte la mise abstraite du philosophe tourmenté en proie à ses folles conjectures échiquéennes, un philosophe des Lumières proposant une nouvelle lecture du Discours de la Méthode. Cools ou guindés, maigrelets ou costauds, jeunes ou moins jeunes, tous adoptent de bonne grâce l’étiquette vestimentaire de ce tournoi de prestige. Dress-code minimaliste pour la circonstance : chaque grand-maître arbore une veste bleue estampillée sur la pochette du logo-type de l’événement. Au cours des neuf rondes qui rythment la journée, — chaque joueur dispose d’un crédit de vingt-cinq minutes à chaque partie —, seuls Anish, Laurent et Vladimir ne quitteront pas leur veste. Les autres grands maîtres s’en dépossèdent à leur guise, en début de partie. Seul Magnus ose la transgression. À aucun moment, il ne se pare de la seyante veste, préférant son dress-code à lui, jean délavé et chemise blanche. Façon élégante de se démarquer de ses concurrents ou de conjurer une superstition inavouable ? Toutes les interprétations sont permises au royaume des soixante-quatre cases.

Pour en savoir plus : Paris Grand Chess Tour 2016

lundi 22 mai 2017

Ding Liren remporte le Grand Prix Fide de Moscou

Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

Le Chinois Ding Liren bat l'Israélien Boris Gelfand dans l'ultime ronde du tournoi d'échecs de Moscou - Photo © Max Avdeev

Ronde 9. Le Chinois Ding Liren bat l'Israélien Boris Gelfand dans l'ultime ronde du tournoi d'échecs de Moscou alors que dans le même temps Shakhriyar Mamedyarov avait conclu une nulle rapide en 16 coups face au Français Maxime Vachier-Lagrave. Du coup, c'est Ding Liren qui remporte le tournoi en solo avec 6 points sur 9. Maxime Vachier-Lagrave prend la 3ème place avec 5 points sur 9 (un gain et 8 nulles) - Photo © Max Avdeev

Les appariements et résultats de la ronde 9 du 21 Mai à 13h (ronde 8)

  • Boris Gelfand (2724) 0-1 Ding Liren (2733)
  • Shakhriyar Mamedyarov (2772) 1/2 Maxime Vachier-Lagrave (2795)
  • Hikaru Nakamura (2786) 1/2 Peter Svidler (2755)
  • Anish Giri (2785) 1/2 Alexander Grischuk (2750)
  • Pentala Harikrishna (2750) 1/2 Teimour Radjabov (2710)
  • Michael Adams (2747) 1/2 Evgeny Tomashevsky (2696)
  • Ernesto Inarkiev (2727) 0-1 Hou Yifan (2652)
  • Francisco Vallejo Pons (2710) 1/2 Ian Nepomniachtchi (2751)
  • Salem Saleh (2633) 1/2 Jon Ludvig Hammer (2621)
  • Le classement final après la ronde 9

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    dimanche 21 mai 2017

    Le finish du Grand Prix Fide de Moscou

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    Quelle sera la photo finish de la photographe Eteri Kublashvili ? Réponse ce dimanche. Au classement Ding Liren et Shakhriyar Mamedyarov sont en tête avec 5 points devant une horde de 7 joueurs à 4,5 points - Photo © Anastasia Karlovich

    Quelle sera la photo finish du tournoi d'échecs réalisée par la photographe Eteri Kublashvili ? Réponse ce dimanche avec la victoire finale en solo du Chinois Ding Liren à 6 points sur 9 - Photo © Anastasia Karlovich

    Ronde 8. En termes de résultats, on pourrait croire qu'il ne s'est pas passé grand chose dans la ronde 8 du Grand Prix Fide de Moscou, mise à part la victoire de Pentala Harikrishna sur Ian Nepomniachtchi, lui permettant d'obtenir la moyenne des points avec 4 sur 8. Sur le papier, c'est une série de 8 nulles sur 9 parties mais pas toutes du même tonneau. Les leaders Ding Liren et Shakhriyar Mamedyarov ont joué des parties dynamiques et intéressantes qui correspondent bien à leur tempérament de joueurs.

    Les appariements et résultats de la ronde 9 du 21 Mai à 13h (ronde 8)

  • Boris Gelfand (2724) 0-1 Ding Liren (2733)
  • Shakhriyar Mamedyarov (2772) 1/2 Maxime Vachier-Lagrave (2795)
  • Hikaru Nakamura (2786) 1/2 Peter Svidler (2755)
  • Anish Giri (2785) 1/2 Alexander Grischuk (2750)
  • Pentala Harikrishna (2750) 1/2 Teimour Radjabov (2710)
  • Michael Adams (2747) 1/2 Evgeny Tomashevsky (2696)
  • Ernesto Inarkiev (2727) 0-1 Hou Yifan (2652)
  • Francisco Vallejo Pons (2710) 1/2 Ian Nepomniachtchi (2751)
  • Salem Saleh (2633) 1/2 Jon Ludvig Hammer (2621)
  • Le classement après la ronde 8

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    Maxime Vachier-Lagrave au Grand Prix Fide de Moscou

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    Le Français Maxime Vachier-Lagrave au Grand Prix Fide d'échecs de Moscou - Photo © Max Avdeev

    Ronde 8. Dans un tournoi majeur comme le Grand Prix Fide d'échecs de Moscou, il est important de gagner des parties d'échecs mais aussi de ne rien perdre. La combinaison de ces deux objectifs constitue la recette du succès. Cette méthode colle parfaitement au Français Maxime Vachier-Lagrave. MVL gagne quelques parties et son grand talent défensif lui permet de sauver de précieux demi-points - Photo © Max Avdeev

    Les appariements et résultats de la ronde 8 du 20 Mai à 13h (ronde 7)

  • Ding Liren (2733) 1/2 Anish Giri (2785)
  • Peter Svidler (2755) 1/2 Shakhriyar Mamedyarov (2772)
  • Alexander Grischuk (2750) 1/2 Hikaru Nakamura (2786)
  • Teimour Radjabov (2710) 1/2 Boris Gelfand (2724)
  • Evgeny Tomashevsky (2696) 1/2 Maxime Vachier-Lagrave (2795)
  • Hou Yifan (2652) 1/2 Francisco Vallejo Pons (2710)
  • Ian Nepomniachtchi (2751) 0-1 Pentala Harikrishna (2750)
  • Jon Ludvig Hammer (2621) 1/2 Michael Adams (2747)
  • Salem Saleh (2633) 1/2 Ernesto Inarkiev (2727)
  • Rejouer la partie entre Ian Nepomniachtchi et Pentala Harikrishna

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    samedi 20 mai 2017

    PARIS GRAND CHESS TOUR : un chef-d’œuvre d’alchimie

    Une chronique épique de Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu [Episode 2/5 : Atmosphère, atmosphères… Un cruel dilemme]

    Les grands-maîtres Tatiana Kostiuk et Elena Partac au Paris Grand Chess Tour 2016 - Photo © Chess & Strategy

    Toute la dramaturgie du spectacle repose, comme il se doit, sur l’intensité de la joute échiquéenne. Sur un écran géant, se superposent les cinq diagrammes d’une partie en cours. Dans le jargon des échecs, le diagramme est la forme graphique qu’emprunte l’échiquier, représentant une position statique ou évolutive.

    Comment suivre les 5 parties d'échecs ?

    Pour le spectateur néophyte que je suis, une question me taraude avant même le début de la première ronde. Dois-je concentrer mon attention sur une seule partie ? Mais je risque de rater des combats peut-être plus homériques qui se disputent à côté. Dois-je butiner des émotions sur les cinq échiquiers à la fois ?

    Mais je m’expose à perdre le fil du suspense qui sépare les deux premiers du tournoi. Comme je n’appartiens pas à la génération zapping qui se satisfait d’apprendre un petit rien sur presque tout, je me range à à la sagesse de ma voix intérieure. Et je me décide à suivre deux parties à la fois, celle de mes deux favoris : Magnus Carlsen et Maxime Vachier-Lagrave. Deux styles, deux tempéraments, deux talents si peu comparables. Parce que j’aimerais tellement m’inspirer d’eux pour améliorer la qualité de mon jeu.

    Alors je me concentre pour suivre les parties en cours. Et plus je me concentre, plus je me coupe de tout ce qui m’entoure, immobile et impassible. Dès le premier entracte, mon goût inné pour l’insolite se rappelle à moi, sachant par expérience que la faune des joueurs d’échecs est une source intarissable d’anecdotes savoureuses. Mais plutôt que suivre la colonne processionnaire des spectateurs vers la salle des pas perdues, je reste calé dans mon fauteuil, au troisième rang à gauche, juste pour savourer l’atmosphère si particulière d’une salle dévolue à un tournoi de grands maîtres. Fidèle à l’esprit du jeu d’échecs, le hasard n’y trouve point sa place. Ambiance feutrée célébrant le culte du silence. Lumière tamisée sous une dominante bleue nuit. Solennité bien ordonnée sous des consignes arbitrales dressant l’inventaire des appareils électroniques à éteindre « sous peine d’exclusion ». Terrible sacrifice pour les geek addict sur l’autel du noble jeu.

    Sur la scène, cinq tables disposées en quinconce, chacune dotée de deux fauteuils pivotants. Dommage pour les esthètes des beaux échiquiers en marqueterie : difficile d’apercevoir les pièces de bois en ordre de bataille. Peu importe, vous répliqueront les amateurs chevronnés, l’essentiel est de scruter l’écran, pour ne rien perdre des combats. Alors moi aussi, je scrute l’écran. Néanmoins, je persiste à penser que d’autres spectacles, moins apparents peut-être, se jouent sur scène et dans la salle. Cruel dilemme pour le capteur d’atmosphères que je m’amuse d’être. Je ne peux pas avoir les yeux partout, dois-je admettre avec un brin de frustration.

    Pour en savoir plus : Paris Grand Chess Tour 2016

    Hou Yifan au Grand Prix Fide de Moscou

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    Hou Yifan au Grand Prix Fide de Moscou - Photo © Maria Yassakova

    Les faits marquants de la ronde 7. Seulement deux parties décisives sur neuf échiquiers ce vendredi. La Chinoise Hou Yifan bat le Norvégien Jon Ludvig Hammer en 80 coups (voir partie ci-dessous) et le jeune dandy batave Giri Anish défait Salem Saleh des Emirats Arabes Unis. Le syndrome de la nulle s'abattrait-il de nouveau sur Moscou ? Photo © Maria Yassakova

    Les appariements et résultats de la ronde 7 du 19 Mai à 13h (ronde 6)

  • Hikaru Nakamura (2786) 1/2 Ding Liren (2733)
  • Shakhriyar Mamedyarov (2772) 1/2 Alexander Grischuk (2750)
  • Maxime Vachier-Lagrave (2795) 1/2 Teimour Radjabov (2710)
  • Peter Svidler (2755) 1/2 Boris Gelfand (2724)
  • Anish Giri (2785) 1-0 Salem Saleh (2633)
  • Pentala Harikrishna (2750) 1/2 Evgeny Tomashevsky (2696)
  • Hou Yifan (2652) 1-0 Jon Ludvig Hammer (2621)
  • Francisco Vallejo Pons (2710) 1/2 Michael Adams (2747)
  • Ernesto Inarkiev (2727) 1/2 Ian Nepomniachtchi (2751)
  • Rejouer la partie entre Hou Yifan et Jon Ludvig Hammer

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    Quiz hebdo sur les échecs: le podium de nos lecteurs

    Quel est le patronyme de cette célèbre mannequin et actrice russe posant avec un jeu d'échecs ?

    Jouez à la question du mercredi sur les échecs - Photo © Chess & Strategy

    Née en 1982 à Gorki (actuellement Nijni Novgorod) dans une famille pauvre, elle fait ses débuts en tant que mannequin vers l'âge de quinze ans. Mais sauriez-vous citer son patronyme ?

    Souvent photographiée par Mario Testino, ou encore par le duo Mert and Marcus, elle apparaît dans de multiples magazines de mode, dont de nombreuses éditions internationales de Vogue. Elle est également connue pour avoir joué dans le film Belle du Seigneur et pour être la compagne d'Antoine Arnault.

    Elle vit une enfance difficile, en raison d'une situation financière précaire des sa famille. A partir de 11 ans, elle avait pour habitude d'aider sa mère à tenir son commerce de fruits et légumes. À l'âge de quinze ans, elle emménage dans son propre appartement et lance son propre commerce de fruits, ce qui lui permet d'aider ses sœurs, dont l'une est handicapée.

    Encouragée par son petit-ami de l'époque, elle s'inscrit dans une école locale de mannequinat, et commence à rechercher des contrats. Un agent de mode lui dit alors qu'elle s'assurerait un avenir brillant en apprenant l'anglais en trois mois. Convaincue qu'elle pourrait améliorer sa vie ainsi, elle apprend l'anglais rapidement, s'installe à Paris, et signe un contrat avec l'agence française Viva à dix-sept ans.

    UN NOUVEL INDICE POUR VOUS AIDER

    Un conte de fées sans échecs

    Dès ses débuts, le photographe Steven Meisel l'appelle « Baby », puis les médias l'affublent de divers autres surnoms. Celui de « SuperNova » s'imposera. Enceinte, elle réalisera avec le photographe Juergen Teller une campagne publicitaire pour la collection Printemps 2002 de Marc Jacobs. Quelques semaines après la naissance de son premier enfant, elle ouvre le défilé prêt-à-porter de la marque Yves Saint Laurent, et devient alors incontournable. (Source Wikipedia)

    LE PODIUM HEBDO DE NOS LECTEURS

    La Palme d'Or Chess & Strategy de cette semaine revient à Jean Marie Barré, premier lecteur à avoir répondu brillamment mercredi à 19h23 précises. La Palme d'Argent est décrochée par Brigitte Grémillon à 19h24, à 1 minute de l'Or stratégique.

    Gagnez la Palme d'or des échecs de Chess & Strategy !

    Enfin, la Palme de Bronze revient à Juliette Roque à 19h26, soit à 2 minutes de la Palme d'Argent. L'horodatage des réponses des candidats est réalisé par Maître Founiasse - célébrissime huissier de justice - avec une double vérification sur Thunderbird et Gandi Webmail !

    Bravo à Jean Marie, Brigitte et Juliette. Un grand MERCI à vous, chers lectrices et lecteurs, pour votre fidélité.

    Retrouver toutes nos questions people du mercredi

    vendredi 19 mai 2017

    Grand Prix Fide d'échecs de Moscou

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    Grand retour du samouraï Hikaru Nakamura qui torpille le Russe Ian Nepomniachtchi - Photo © Maria Yassakova

    Ronde 6. Après la journée de repos, grand retour du samouraï des échecs Hikaru Nakamura qui torpille le Russe Ian Nepomniachtchi en 35 coups dans une sicilienne Najdorf variante 6.Fg5. Son magnifique sacrifice de cavalier 25.Cxe6 au coeur du camp noir porte l'estocade - Photo © Maria Yassakova

    Les appariements et résultats de la ronde 6 du 18 Mai à 13h (ronde 5)

  • Ding Liren (2733) 1/2 Maxime Vachier-Lagrave (2795)
  • Teimour Radjabov (2710) 1/2 Shakhriyar Mamedyarov (2772)
  • Alexander Grischuk (2750) 1/2 Peter Svidler (2755)
  • Hikaru Nakamura (2786) 1-0 Ian Nepomniachtchi (2751)
  • Evgeny Tomashevsky (2696) 1/2 Anish Giri (2785)
  • Boris Gelfand (2724) 1-0 Pentala Harikrishna (2750)
  • Jon Ludvig Hammer (2621) 1/2 Francisco Vallejo Pons (2710)
  • Salem Saleh (2633) 1/2 Hou Yifan (2652)
  • Michael Adams (2747) 1-0 Ernesto Inarkiev (2727)
  • Rejouer la partie entre Hikaru Nakamura et Ian Nepomniachtchi

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    jeudi 18 mai 2017

    Grand Prix Fide d'échecs de Moscou

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    La chasse aux autographes des grands-maîtres d'échecs est ouverte à Moscou avec ici l'Américain Hikaru Nakamura - Photo © Max Avdeev

    La chasse aux autographes des grands-maîtres d'échecs est ouverte à Moscou avec ici l'Américain Hikaru Nakamura - Photo © Max Avdeev

    Les faits marquants de la ronde 5. Déception pour les fans aimant les luttes à couteaux tirés puisque sur le premier échiquier, la partie entre les deux leaders Ding Liren et Mamedyarov a tourné court. Une nulle de salon en 15 coups. En revanche, si la nulle a été conclue aussi entre le second et le troisième, Peter Svidler et Teimour Radjabov, on assiste à un regroupement des poursuivants directs. En effet, Alexander Grischuk et Maxime Vachier-Lagrave ont tous deux gagné, respectivement contre Hou Yifan et Saleh Salem, laissant un groupe de 4 joueurs juste à un demi-point derrière les deux leaders.

    Les appariements et résultats de la ronde 5 du 16 Mai à 13h (ronde 4)

  • Shakhriyar Mamedyarov (2772) 1/2 Ding Liren (2733)
  • Peter Svidler (2755) 1/2 Teimour Radjabov (2710)
  • Maxime Vachier-Lagrave (2795) 1-0 Salem Saleh (2633)
  • Anish Giri (2785) 1/2 Hikaru Nakamura (2786)
  • Ian Nepomniachtchi (2751) 1/2 Boris Gelfand (2724)
  • Hou Yifan (2652) 0-1 Alexander Grischuk (2750)
  • Evgeny Tomashevsky (2696) 1/2 Jon Ludvig Hammer (2621)
  • Pentala Harikrishna (2750) 1-0 Michael Adams (2747)
  • Francisco Vallejo Pons (2710) 1/2 Ernesto Inarkiev (2727)
  • Rejouer la partie entre Maxime Vachier-Lagrave et Salem Saleh

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    Moscou : Mamedyarov franchit les 2800 points Elo

    Le Grand Prix Fide 2017 de Moscou se dispute du 12 au 22 Mai avec le meilleur joueur d'échecs Français, Maxime Vachier-Lagrave

    Pour tout voir : Le LIVE à 13h - Télécharger les parties - Le classement

    Ronde 4: Salem Saleh (2633) 0-1 Shakhriyar Mamedyarov (2772) - Photo © Max Avdeev

    Ronde 4: Salem Saleh devra s'incliner avec les Blancs face à l'homme en forme du moment, l'Azéri Shakhriyar Mamedyarov - Photo © Max Avdeev

    La victoire ronde 4 de Shakhriyar Mamedyarov ne lui confère pas uniquement le leadership du tournoi de Moscou à égalité avec le Chinois Ding Liren à 3 points sur 4. Cette victoire lui permet également d'afficher un classement Elo historique à 2801 points au classement Live. Fantastique !

    Les appariements et résultats de la ronde 5 du 16 Mai à 13h (ronde 4)

  • Shakhriyar Mamedyarov (2772) 1/2 Ding Liren (2733)
  • Peter Svidler (2755) 1/2 Teimour Radjabov (2710)
  • Maxime Vachier-Lagrave (2795) 1-0 Salem Saleh (2633)
  • Anish Giri (2785) 1/2 Hikaru Nakamura (2786)
  • Ian Nepomniachtchi (2751) 1/2 Boris Gelfand (2724)
  • Hou Yifan (2652) 0-1 Alexander Grischuk (2750)
  • Evgeny Tomashevsky (2696) 1/2 Jon Ludvig Hammer (2621)
  • Pentala Harikrishna (2750) 1-0 Michael Adams (2747)
  • Francisco Vallejo Pons (2710) 1/2 Ernesto Inarkiev (2727)
  • Rejouer la partie entre Salem Saleh et Shakhriyar Mamedyarov

    Pour en savoir plus : Le site officiel

    mercredi 17 mai 2017

    PARIS GRAND CHESS TOUR : un chef-d’œuvre d’alchimie

    Une chronique épique de Jacques Gimard, amateur plébéien du noble jeu [Episode 1/5 : la folle ambition face à une maudite équation]


    « Elle est vraiment rassurante cette Maison de la Chimie ». Je ne sais plus pourquoi cette idée baroque est venue soudain me taquiner l’esprit, le 9 juin 2016 aux alentours de 13 heures, en arpentant la rue Saint-Dominique en ce jeudi printanier. Premier jour du mois où le soleil se montre si généreux sur la capitale. Une aubaine que je sacrifie sans état d’âme pour assister au grand événement échiquéen de l’année : le PARIS GRAND CHESS TOUR. L’équivalent d’un tournoi du Grand Chelem, mutatis mutandis, réunissant l’élite mondial du jeu d’échecs : dix Grands Maîtres Internationaux, champions du monde compris.

    La Maison de la Chimie, lieu du Paris Grand Chess Tour - Photo © Chess & Strategy

    1 — Folle ambition face à une maudite équation

    Oui, quel meilleur endroit pour un tournoi d’excellence que ce « Temple de la science exacte » tout à la gloire de la raideur cartésienne, comme le suggère son intérieur austère, dans la pure tradition soviétique du jeu d’échecs. Vite oubliée cette suspicion d’archaïsme. Grâce aux efforts de sponsors généreux, le decorum du tournoi est à la hauteur de l’événement : un vrai plan de communication, une charte graphique sobre et moderne, un agréable dispositif d’accueil, une mise en scène intelligente et bien rythmée, une combinaison optimale des technologies modernes. Tous les ingrédients pour exhausser la promotion du noble jeu à un niveau rarement atteint en France. Pari réussi pour cette folle ambition, libérant enfin le jeu d’échecs de sa maudite équation : comment rendre médiatique un jeu accessible aux seuls initiés ?

    Éternel défi que de rendre spectaculaire l’intrigue qui se joue l’échiquier. À l’endroit de la mise en scène, le noble jeu cumule les handicaps, il est vrai. Le geste est lent et monotone : comment pourrait-il être télégénique ? Peu visibles les pièces de bois, minimaliste le décor : où puiser des émotions esthétiques ? Assez hermétique par ailleurs le scenario d’une partie, puisque seuls les amateurs éclairés peuvent vraiment saisir la subtilité des combinaisons : le suspense ne serait-il pas réservé à une petite élite ?

    Avec le PARIS GRAND CHESS TOUR, ce concert d’objections perd soudain toute sa pertinence. Les organisateurs ont tiré le meilleur parti de chacune d’elle, pour que le plomb se transforme en or, jusqu’à ce que cette sévère Maison de la Chimie s’érige en éphémère Temple de l’Alchimie… Sans grimoire ni alambique !

    En fait de formule magique, ce Temple a fait œuvre syncrétique en opérant la fusion de trois représentations. Spectacle sur écran géant avec la projection simultanée des cinq parties en cours. Spectacle sur la scène permettant de traquer les gestes et mimiques des grands maîtres. Spectacle dans la salle avec les spectateurs, — celui-là improvisé et imprévisible —, offrant une troublante immersion ethnologique dans l’étrange tribu des joueurs amateurs. Trois spectacles, trois dimensions, trois ambiances rivalisant de moments cocasses…

    Pour en savoir plus : Paris Grand Chess Tour 2016

    Xavier Tartacover (1887–1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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