Échecs & Stratégie: Malaisie : exclusion sexiste dans un tournoi d'échecs

vendredi 5 mai 2017

Malaisie : exclusion sexiste dans un tournoi d'échecs

L'affaire qui fait le tour du Web : dans un tournoi d'échecs en Malaisie, la robe de cette jeune participante a été jugée trop "séduisante"

Malaisie: exclusion  d'un tournoi d'échecs pour robe provocante

De source AFP, une jeune fille de 12 ans a été exclue d’un tournoi d’échecs en Malaisie car les organisateurs jugeaient sa robe «provocante», selon son entraîneur.

Cette décision a créé de l’indignation dans ce pays d’Asie du Sud-Est à majorité musulmane et s'est propagée via le web au monde entier.

La compétition avait eu lieu à la mi-avril pendant les championnats nationaux d'échecs à Putrajaya en Malaisie. L'entraîneur d'échecs malaisien de la jeune fille a demandé officiellement des excuses après que son élève âgée de 12 ans ait été obligée de déclarer forfait dans le tournoi. L'équipe dirigeante du tournoi lui avaient en effet demandé de changer de tenue, jugeant sa robe trop "séduisante".

Après plus de deux semaines de vives réactions sur les réseaux sociaux, la Fédération malaisienne des échecs a annoncé mardi qu’elle prévoyait d’inviter toutes les parties à une réunion en vue de régler le différend.

L’entraîneur de l’adolescente, Kaushal Khandar, a exigé des excuses de la part des organisateurs à la suite de cet incident survenu le 14 avril, lors du tournoi national scolaire d’échecs. La jeune joueuse de talent s’est sentie «harcelée et humiliée», a-t-il indiqué.

M. Khandar a fait état de cette situation sur son compte Facebook, donnant lieu à un déluge de commentaires outragés, des internautes exprimant leur indignation et se demandant comment les organisateurs avaient pu considérer que la robe était inappropriée.

"L'une de mes étudiantes, qui est âgée de DOUZE ANS, s'est sentie harcelée et humiliée par le directeur du tournoi et l'arbitre chef" a écrit Kaushal Khandhar sur son compte Facebook.

Le sexisme dans le monde des échecs

Les organisateurs du tournoi d'échecs avaient indiqué à la joueuse que sa robe à manches courtes et recouvrant les genoux était «provocante» et qu’elle créait «une tentation vue d’un certain angle, de très loin», a détaillé M. Khandar.

La Malaisie est un pays considéré en règle générale comme modéré sur le plan de l’islam, mais l’influence de conservateurs musulmans ne cesse de s’accroître depuis plusieurs années, selon des observateurs.

«Je suis choqué et perturbé que sa robe constitue un problème», a déclaré à l’AFP Sieh Kok Chi, ancien secrétaire général du Conseil olympique malaisien. «Elle est âgée d’à peine 12 ans. Personne n’a le droit de lui imposer ses propres règles. Les responsables du tournoi d’échecs devraient démissionner», a-t-il estimé.

La Fédération Malaisienne des échecs se saisit de l'affaire

Le secrétaire général de la Fédération d’échecs, Nik Hishamuddin Nik Mustapa, a indiqué à l’AFP que le code vestimentaire avait été appliqué car la compétition se déroulait dans une école publique, où ces codes sont plus stricts qu’ailleurs.

Pour en savoir plus : Le Huff Post

Xavier Tartacover (1887–1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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