Échecs et Stratégie: Echecs & Concentration : bon pour la scolarité

jeudi 7 novembre 2013

Echecs & Concentration : bon pour la scolarité

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Echecs & Concentration : bon pour la scolarité

Pratiquer le jeu d'échecs est un moyen efficace pour combattre le trouble de l'attention chez l'enfant. Les échecs développent la concentration, la mémoire, le respect de l'autre, la patience et la logique.

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La concentration, c’est un entraînement

A quoi bon se concentrer mieux puisque tout invite à la dispersion ? Pourquoi importerait-il d’améliorer ses capacités d’attention alors qu’on gagne tant en efficacité quand on se montre capable de répondre à cinq textos, deux conversations simultanées et trois mails pendant une réunion de travail ? « Parce que cela rend heureux, répond Jeanne Siaux-Facchin, psychologue et psychothérapeute, auteur de « Tout est là, juste là » (Odile Jacob). Le multitâche épuise nos ressources intellectuelles et amoindrit nos performances. Tandis que lorsqu’on est totalement absorbé dans une tâche, lorsque toute notre attention est orientée sur ce que nous faisons, nous éprouvons une satisfaction beaucoup plus importante. »

Cet effet a été découvert par le célèbre psychologue hongrois-américain Mihaly Csikszentmihaly et son équipe de l’université Harvard

Cinq mille personnes, âgées de 8 à 88 ans, vivant dans 83 pays différents, ont été équipées d’un bipper qui sonnait à des moments aléatoires dans la journée. A chaque appel, les cobayes devaient dire ce qu’ils étaient en train de faire, préciser s’ils étaient concentrés sur ce qu’ils faisaient et donner des indications sur leur humeur. Les résultats ont été univoques. Plus les participants étaient engagés dans leur tâche avec une attention soutenue – et quoiqu’ils fassent, même éplucher des pommes de terre ou résoudre des équations à deux inconnues-, plus leur satisfaction était élevée. C’est ce que cette équipe de scientifiques a nommé l’ « expérience optimale », un état de « concentration pure où toute notre énergie mentale est canalisée dans un flux jubilatoire ». Le contraire de la bien connue dispersion mentale, qui, elle, altère notre sentiment de bien-être, ce qui permet à Jean Siaux-Facchin de dire en souriant qu’ »apprendre le bottin téléphonique par cœur rend plus heureux que lézarder sur un transat ».

Une fois admis que focaliser son attention fait du bien parce que cet effort libère dans notre cerveau un flot de dopamines, ces hormones du bien-être, encore faut-il y parvenir. La concentration se travaille comme un muscle et il n’est jamais trop tard pour commencer. Et, comme pour la course à pied, il faudra poursuivre ses efforts sans se décourager. Plus on parvient à canaliser son attention, plus ce mouvement cérébral devient facile, jusqu’à parvenir à ce que cet effort n’en soit plus un, mais uniquement le pourvoyeur d’un délicieux sentiment d’euphorie cérébrale.

Les apports du jeu d'échecs pour la concentration

Les apports du jeu d'échecs pour la concentration

Les échecs améliorent la concentration. Sans nécessairement souffrir d’un véritable trouble de déficit de l’attention ou d’hyperactivité, plus de 30 % des enfants souffrent d'une carence de concentration à l'école. Dans le cas d’un trouble de déficit de l’attention, la dissipation de l’enfant est due à un déficit de dopamine. Pour l’enfant hyperactif, le manque d’attention résulte au contraire d’un excès de dopamine et d’un déficit de sérotonine. Un traitement médical est nécessaire si l’enfant souffre de l’un de ses deux troubles. Dans le cas d’un simple manque de concentration causé par une difficulté d’adaptation en milieu scolaire, il suffit de faire participer l’enfant à une activité parascolaire comme un atelier de jeu d’échecs.

Une aide pour les enfants dans leur scolarité. Le jeu d’échecs constitue une aide précieuse dans le traitement du trouble de la concentration chez l’enfant. Que votre enfant ait du mal à se concentrer sur ses études à cause d’une difficulté d’adaptation ou d’un trouble neurologique, le jeu d’échecs est un complément essentiel dans son processus de traitement. Jeu de stratégie opposant deux adversaires sur un échiquier, le jeu d’échecs développe progressivement la mémoire, la concentration et la capacité logico-déductive de l’enfant. Les règles du jeu peuvent s'apprendre en une heure à peine. Une fois ceci acquis, l’enfant prend plaisir à jouer grâce à l’esprit de compétition inséparable de la discipline et fera un effort en vue de progresser.

Les échecs favorisent le développement intellectuel. Jeu des rois et roi des jeux, le jeu d’échecs favorise le développement intellectuel et psychologique de l’homme. Ce développement est d’autant plus efficace lorsqu’un individu s’initie à la discipline dès son plus jeune âge. La passion pour le jeu d’échecs naît une fois que l’enfant commence à aimer les victoires successives et par là même renier les défaites. Petit à petit, il retrouve une bonne capacité de concentration grâce à l’effort qu’il fournit en vue de la victoire. Sous l’assistance d’un bon animateur en milieu scolaire, l’enfant assimile le cheminement du raisonnement propre aux échecs, apprend le respect d’autrui et développe un bon esprit combatif.

Les échecs enseignent la patience. En plus de développer sa faculté de concentration, sa mémoire et sa capacité de raisonner, l’enfant apprend également la patience à travers le jeu d’échecs. En effet, une partie d’échecs ne se gagne pas avec précipitation ni manque de sang froid. Le joueur doit avoir un esprit posé afin de mieux anticiper les attaques de son adversaire et par là même disposer adroitement ses pièces maîtresses sur les cases de l’échiquier. En jouant aux échecs, l’élève cultive le goût de l’effort. Il s’habitue à mener une tâche à terme et apprend à devenir plus autonome. Après quelques semaines d’immersion dans le jeu d’échecs, votre enfant, souffrant d’un soi-disant problème de concentration, réalisera des prouesses vis-à-vis de ses résultats scolaires.

Xavier Tartacover (1887–1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.