Echecs & Stratégie: Anderssen et son immortelle aux échecs

mercredi 16 septembre 2020

Anderssen et son immortelle aux échecs

ADOLF ANDERSSEN, CHAMPION D’ÉCHECS (1818-1879)

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Anderssen et son immortelle aux échecs © Chess & Strategy

L'Histoire des échecs

Adolf Anderssen, né en 1818 à Breslau en Allemagne, fut sans aucun doute l’un des plus grands joueurs européens du milieu du XIXe siècle.

Si pendant la première moitié du siècle sa célébrité était atténuée par celle de l’Anglais Staunton, Anderssen élimina son adversaire de façon superbe en 1851 au grand tournoi de Londres qu’il gagna brillamment. Il fut dès lors reconnu comme le plus grand joueur d’Europe.

Malgré sa défaite lors de son match contre Steinitz sur le score de 6 victoires à 8, sans nulle, Anderssen a marqué l’Histoire des échecs par deux parties modèles, l’Immortelle et la toujours jeune. La première fut jouée lors du tournoi de Londres de 1851 face au Français Lionel Kieseritzky (1806-1853) qui se classa 10ème. Voici la partie.

La partie immortelle: Adolf Anderssen 1-0 Lionel Kieseritzky, Londres 1851

Anderssen et son immortelle aux échecs © Chess & Strategy

Anderssen jouait pafois des parties libres, c'est-à-dire des parties sans enjeu et impromptues. S'il gagne, tant mieux ; s'il perd, son manque de préparation explique en grande partie le résultat. Dans l'une de ces parties libres, il affronte Lionel Kieseritzky. C'est cette partie qu'Ernst Falkbeer appela, en 1855, « la partie immortelle » dans le magazine autrichien Wiener Schachzeitung.

Adolf Anderssen s'éteint en 1879, laissant l'empreinte d'un homme passionné, jamais accablé par une défaite et toujours prêt à lutter contre les meilleurs. Il fut un des rares maîtres à ne se faire aucun ennemi et mena la vie tranquille d'un enseignant modeste.

Pour en savoir plus : retrouvez notre série sur l'Histoire des échecs

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Les questions les plus fréquemment posées par nos lecteurs (FAQ)

Quel est l’apport des joueurs hypermodernes ?

Nimzovitch naît à Riga en 1886 et vit une jeunesse protégée. Initié par son père à l’âge de huit ans, il admire l’immortelle. A son arrivée à Nuremberg, Tarrasch le vexe en critiquant dogmatiquement ses coups et devient son ennemi juré !

Nimzovitch est un joueur excentrique et irritable. Vidmar ayant posé une cigarette non allumée sur la table de jeu, Nimzovitch s’écrit : « Une menace est plus forte que l’exécution. » En 1913, l’hypermoderne Nimzovitch gagne (avec Alekhine) le championnat de Russie.

Son apport échiquéen est énorme : surprotection, bloqueur, souplesse de bloqueur, blocus, prophylaxie, restriction du jeu adverse avant l’attaque, étude des chaînes de pions, prédominance du positionnel sur le tactique, existence de combinaisons même dans les mauvaises positions, spécificité des combinaisons et de nombreuses analyses !

Nimzovitch est à l’origine du fameux « Zugzwang », l’un des objectifs fondamentaux de la finale mais également du milieu de jeu. On lui doit également le louvoiement qui vise à affaiblir la position adverse par deux manœuvres alternatives.

Il s’installe au Danemark en 1922. Entre 1925 et 1931, il gagne plusieurs tournois mais sa santé fragile l’écarte du championnat du monde. Son ouvrage Mon système est une des œuvres majeures du jeu d’échecs. Il décède en 1935.

On peut dire que le Hongrois Breyer, né à Budapest en 1893, est le créateur de l’école hypermoderne. Il conçoit le « confinement des pièces », « l’acceptation des positions malsaines », « le camouflage » du plan et affirme : « Le coup 1.e4 est le début de la désagrégation du camps blanc car ce pion occupe le centre, mais ne contrôle pas la case centrale où il se trouve. » En 1921, il établit un record mondial des parties jouées à l’aveugle à Kassa en Hongrie en affrontant 25 joueurs (+15, =7, -3). Promis à un bel avenir, il décède tragiquement à 28 ans.

Richard Réti naît à Pezinok (Slovaquie) en 1889. Etudiant en mathématiques et physique à l’Université de Vienne, il devient professionnel d’échecs. Son ascension est rapide. Il rédige de nombreuses chroniques journalistiques. Sortant des dogmes, Réti déclare que la prise du centre par des pions offre à l’adversaire de objectifs d’attaque. Son idée révolutionnaire : contrôler le centre par le flanc sans l’occuper de préférence avec un fou en fianchetto.

Réti mis ses deux fous en fianchetto dans quarante-deux parties officielles successives ! Sans nier les bienfaits de la mobilisation quantitative, Réti introduit la « mobilisation qualitative ». Il voit le jeu comme une lutte de cerveaux et commet parfois volontairement une imprécision pour déstabiliser l’adversaire.

En 1924, Réti interrompt l’invincibilité de Capablanca à New York. Source d’inspiration de tous, Réti laisse deux ouvrages essentiels : Les idées modernes aux échecs et Les grands maîtres de l’échiquier ainsi que de forts belles études. Il décède en 1929.

J’ai entendu parler de l’agression « comme plan de milieu de jeu ». De quoi s’agit-il ?

« L’agression » est un plan osé qui peut déstabiliser complètement l’adversaire. Ce plan vise à attaquer le point fort adverse ou bien la couleur la mieux contrôlée par l’adversaire. Le but poursuivi est de miner puis de détruire le piédestal de l’adversaire de façon à lui faire perdre confiance et à diminuer sa « force brute ». Evidemment ce plan est pour le moins difficile à mettre en œuvre et comporte certains risques.

Nous sommes loin, ici, du principe d’Emmanuel Lasker : « Entre deux stratégies menant à la victoire, il est conseillé de choisir la plus simple. »

Qu’est-ce qu’un débordement aux échecs ?

Le « débordement » est l’un des plans échiquéens les plus fréquents. Il consiste à attaquer vigoureusement les points faibles adverse (ou la couleur faible adverse) pour diminuer l’action des pièces ennemie en les rendant presque exclusivement défensives.

Grâce à l’initiative obtenue, on peut alors « mettre le feu » à un second endroit de l’échiquier. Il suffit ensuite de combiner l’action sur les deux talons d’Achille adverses pour engendrer un « surcharge ».

En profitant de la pièce adverse surchargée de travail, on pourra enfin concrétiser l’avantage par un gain matériel.

Que signifient les expressions « jeu positionnel » et « jeu tactique » ? Le jeu tactique est-il plus important ?

Le jeu positionnel est un élément fondamental des échecs. Il participe à la réalisation du plan à court ou à moyen terme. En résumé :

  • Affaiblir la structure adverse par des échanges ou des manœuvres de pièces ;
  • Harceler le camp adverse ;
  • On doit considérer le jeu tactique comme un outil au service du jeu positionnel. Il consiste à découvrir les motifs des combinaisons (pièces exposées ou « trous » par exemple) pour les exploiter en tant que menaces pour progresser dans la réalisation du plan. Les gains tactiques forcés, sans aucune ressource adverse, ne sont pas si fréquents :

  • Jouer des coups prophylactiques;
  • Temporiser pour que l’adversaire s’expose davantage ou se retrouve en zugzwang;
  • « Zugzwang » vient de l’allemand « der Zug » (le coup) et « der Zwang » (la contrainte). Il s’agit d’une position dans laquelle un joueur est contraint de jouer un coup perdant. Il est important de noter que le zugzwang n’est pas réservé à la fin de partie ; c’est l’un des objectifs du milieu de jeu. Mais le zugzwang est difficile à atteindre dans le milieu de partie en raison du nombre de coups possibles à ce moment-là.

  • Eviter les plans à trop long terme car l’adversaire dispose de nombreuses solutions pour le perturber.
  • Quand faut-il éviter les échanges ?

    Quand votre niveau combinatoire est supérieur à celui de l’adversaire (passionné plutôt par les finales), il est largement préférable de maintenir l’insécurité sur le jeu en conservant les pièces.

    En outre, il est bien connu qu’il faut éviter soigneusement les échanges, de préférence, lorsqu’on a davantage d’espace que l’adversaire (un centre élargi par exemple) afin de contrôler ledit espace. Mais il existe de nombreux autres cas où les échanges doivent être évités : quand on a les Blancs en début de partie, lorsqu’on joue un gambit, quand on a un désavantage matériel ou un pion isolé, au cas où cela arrange l’adversaire pour toutes sortes de raisons, lorsqu’on veut valoriser une paire de Fous et lorsque la tension doit être maintenue.

    Dans le cas d’une finale difficile à exploiter, il faut savoir garder un Cavalier car ce dernier est capable de déloger éventuellement le Roi adverse.

    Enfin, échanger des pièces est la règle absolue dans le cas où l’on ne comprend plus la position, à moins que l’adversaire ne la comprenne encore moins bien que nous !

    Quelle est la différence entre un sacrifice actif et un sacrifice passif ?

  • Le « sacrifice actif » consiste à offrir une pièce en la mettant en prise ;
  • Avantage : Ce sacrifice est agressif, laisse peu de choix au défenseur et peut permettre de démolir un rempart adverse. De plus, on peut choisir le lieu et le bon moment.

    Inconvénient : On dépense un temps pendant lequel on aurait pu construire quelque chose.

  • Le « sacrifice passif » consiste à laisser une pièce en prise en continuant à effectuer des coups constructifs.
  • Avantage : Pas de perte de temps et mauvaise surprise pour l’adversaire qui croyait gagner du matériel.

    Inconvénient : On dépend du bon vouloir de l’adversaire qui est moins contraint d’accepter la pièce sacrifiée.

    Qu’est-ce qu’un plan aux échecs ?

    Un plan revêt deux formes. Il peut être constitué d’une séquence de coups à jouer ou peut contenir une séquence d’actions à réaliser. Dans les deux cas de figure, dans un ordre précis en vue du résultat final concret, tels l’infiltration d’une case forte, l’exploitation de points faibles adverses et le gain d’un pion.

    Afin d’informer l’adversaire le moins possible su nos intentions, il est judicieux de jouer en premier, le tronc commun à plusieurs plans. Ainsi, on pourra si nécessaire se rabattre sur un plan secondaire mais également productif.

    Les joueurs néophytes et les joueurs expérimentés, mais fatigués, ont tendance à faire du coup par coup en oubliant les fondamentaux du jeu. Cela peut être une cause de zeitnot. Il vaut mieux un plan moyen que pas de plan du tout.

    Le plan doit être élaboré à l’issue d’une stabilisation du jeu, d’une série d’échanges ou d’une profonde modification de la position. Avant de concevoir un plan, il est indispensable de penser pour l’adversaire (sans sous-estimer ses chances évidemment) afin d’intégrer le plan adverse dans notre propre plan. N’hésitez pas à vous détendre durant la partie et à observer le jeu du côté adverse…

    La souplesse est nécessaire dans l’élaboration du plan. Il faut éviter d’appliquer un plan par tous les moyens ou à l’emporte-pièce. Chaque position est potentiellement une exception et peut nécessiter un plan sur mesure.

    Certains joueurs jouent spatialement ou par recyclage. Pourrais-je avoir des précisions à ce sujet ?

    Chaque camp est possesseur au début de la partie d’une moitié de l’échiquier. Quand cela est possible, certains champions sécurisent leur « zone » avec application, en surveillant toute intrusion adverse sur les cases importantes.

    Dès que le jeu de pièces adverses est désynchronisé ou passif (l’équilibre est rompu), le joueur peut chercher à augmenter son espace en visant l’occupation de cinq traverses au lieu de quatre.

    Pour ce faire, il devra éviter les échanges et vérifier la vulnérabilité de sa future vaste zone vitale. Progressivement l’adversaire est étouffé sur un espace restreint. Ce qui peut l’emmener à tenter une action désespérée…

    Le plan par « recyclage » à la Tigran Petrossian consiste à repérer les pièces qui ne jouent pas, ou fort peu, et à les remettre en jeu. Tout le monde connaît la célèbre maxime de Tartacover : « Avant toute action, remettre en jeu la pièce qui ne joue pas », sans quoi elle risquerait de rester hors-jeu fort longtemps.

    Dès que toutes nos forces se retrouvent en jeu et que ce n’est pas le cas du côté adverse, l’équilibre est rompu et une action peut être lancée avec succès.

    De quand date le premier tournoi international de l’histoire ? Et le premier championnat du monde ?

    Alessandro Salvio et Cesare Polerio nous narrent la première rencontre internationale d’échecs disputée à Madrid, en 1575. Elle est l’œuvre du roi Philippe II d’Espagne, passionné d’échecs et grand mécène. Les meilleurs joueurs espagnols, Ruy Lopez (45 ans) et Alphonso Ceron (40 ans), sont opposés aux plus grands champions italiens Giovanni da Cutri (23 ans) et Paolo Boï (47 ans). Ruy Lopez, plus fort joueur de l’Empire des Habsbourg, s’incline sur le score de 3 à 2 contre Leonardo qui prend ainsi sa revanche sur le match perdu en 1572 à Rome contre le même adversaire. C’est à Ruy Lopez que l’on doit notamment l’avancée du pion de deux cases et un premier édifice de la théorie des ouvertures.

    Le premier tournoi international date de 1851. Il est organisé à Londres par Howard Staunton et se joue par élimination directe.

    L’Allemand Adolph Anderssen l’emporte en finale aux dépens de Wyvill et devient champion d’Europe. Il reçoit un prix de deux cents livres Sterling, important pour l’époque, qui le révolte. Avec son style très offensif, Anderssen remporte la fameuse Immortelle face à Kieseritzky. Steinitz abandonne une partie face à Williams, en raison de la lenteur de son adversaire, et ne termine qu’à la quatrième place. La pendule d’échecs viendra en effet un peu plus tard. Anderssen gagne la seconde édition du tournoi de Londres en 1862.

    Quand au premier championnat du monde officiel, il date de 1886. Joué à New York entre l’Autrichien Steinitz et l’Allemand Zukertort, Steinitz l’emporte sur le score de 12,5 à 8,5.

    Xavier Tartacover (1887-1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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