Échecs et Stratégie

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mercredi 19 janvier 2022

Faut-il être méchant pour bien jouer aux échecs ?

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« Spassky était un gentleman. Les gentlemen gagnent le cœur des dames, mais perdent aux échecs. » Victor Kortchnoï, Chess is my life.

Je ne suis pas sûr de faire une publicité très flatteuse à la chose échiquéenne que j’aime tant en disant que les psychologues qui l’ont étudiée soulignent dans leur ensemble que jouer intensivement peut générer ou accentuer les tendances paranoïaques.

Mais c’est un fait. Parce que la nature même du jeu suppose une vigilance de tous les instants et exige qu’on s’interroge constamment sur les pièges que tend l’adversaire, sa pratique à un niveau professionnel peut entraîner une méfiance suraigüe, parfois pathologique.

Bruno Ganz face à Ljuba Tadic dans l'échiquier de la passion

Bruno Ganz face à Ljuba Tadic dans l'échiquier de la Passion

Dans l’échiquier de la passion, le film de Wolfgang Petersen, le personnage du champion du monde prélève systématiquement quelques miettes des repas que lui cuisine sa femme afin de les faire analyser, parce qu’il est persuadé, évidemment à tort, qu’elle tente de l’empoisonner.

Le soupçon, à défaut de favoriser des relations de couple très harmonieuses, fait donc partie de la panoplie d’un joueur de haute volée. Mais si les échecs sont un combat, faut-il aussi, par-dessus le marché, être animé envers son adversaire de sentiments moins bienveillants ?

Faut-il, pour bien jouer, être méchant ?

Je me garderais bien de répondre de but en blanc par l’affirmative. Mais force est de constater que l’histoire des joutes échiquéennes se lit rarement comme un hymne à l’amitié. L’un des premiers théoriciens du jeu, le moine espagnol Ruy Lopez, conseillait déjà voici cinq siècles de faire en sorte d’ « assoir son adversaire face au soleil ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fit école. Lors d’une rencontre entre Viktor Kortchnoï et Tigran Petrossian, qui ne s’appréciaient guère, il fut question de coups de pieds sous la table, et même de gifles.

Le match de 1974 opposant Viktor Kortchnoï à Anatoli Karpov

Photo officielle du match de 1974 à Moscou opposant Viktor Kortchnoï à Anatoli Karpov - Photo © V. Velikhamzhin / TASS

Le match des frères ennemis entre Viktor Kortchnoï et Anatoli Karpov, disputé en 1974 à Moscou - Photo © Velikhamzhin pour l'agence TASS

Lorsqu’il rencontra le même Viktor Kortchnoï, devenu entre-temps dissident, en finale du championnat du monde, Anatoli Karpov se fit un principe de ne pas lui adresser la parole, ce qui donna lieu à quelques scènes ubuesques. S’il voulait proposer de déclarer la partie nulle, il adressait sa demande à l’arbitre qui la transmettait à son adversaire dans une démonstration de « téléphone arabe ». Même trajet en sens inverse pour délivrer la réponse. Le jeu n’est sorti pas grandi.

Après la 17ème partie, Karpov menait 3-0 (avec 14 parties nulles) et on semblait se diriger vers un match à sens unique. Mais Korchnoi remporta les 19e et 21e parties. Le match était relancé. Au final, Karpov l’emporta de justesse 12,5-11,5 (+3 -2 =19).

« Puis-je roquer ? »

Lors de la 21ème partie du match, Korchnoi remporta une victoire écrasante avec les Blancs contre Karpov, en 19 coups seulement. (NDLR. - Une partie de moins de 20 coups est appelée « partie miniature »).

Avant de jouer son 18ème coup, Korchnoi a demandé à l’arbitre s’il avait le droit de roquer. L’arbitre lui confirma qu’il en avait bien le droit, et c’est ce qu’il fit (18. O-O). Karpov joua ensuite 18… Fxc4, puis abandonna après le 19e coup des Blancs (19. f4 1-0).

Bobby Fischer refusant de défendre son titre en 1975, le match Karpov-Korchnoi ’74 devint -de facto- un championnat du monde, et Anatoly Karpov fut sacré 12e champion du monde. L’URSS et sa très réputée « école soviétique des échecs » réaffirmant ainsi leur nette suprématie mondiale.

Fischer et son envie folle de détruire son adversaire

Incidents isolés, dira-t-on, et on n’aura pas tort, mais qui ne doivent pas faire oublier ce qui semble être une caractéristique du maître : le fameux « instinct du tueur ». Bien jouer aux échecs, c’est, si l’on en croit certains experts, vouloir démolir l’autre et ne faire preuve d’aucune pitié lorsqu’il est au bord du gouffre. Bobby Fischer disait éprouver le plus grand plaisir pendant une partie de voir son adversaire « se tortiller » en proie aux affres d’une défaite imminente : il s’agissait pour lui non pas tant de faire triompher une stratégie que d’ « écraser l’égo » de celui qui lui faisait face.

Cette agressivité débridée, que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres sports, constitue un aspect important des grands matchs. J’ai le souvenir de certaines conférences de presse qui n’avait rien à envier au rituel d’une veille de combat de boxe entre poids lourds. Le discours y était tout en intimidations, en promesses de KO, en assurances données au public qu’il y aurait « du sang sur l’échiquier ».

Kasparov est un orfèvre en la matière

A la veille de sa rencontre avec l’Anglais Nigel Short, à Londres, il se fendit d’un définitif : « My opponent is Short. The match will also be short », récoltant au passage le prix toutes catégories du calembour le plus pauvre.

Les échecs seraient-ils un sport violent ?

Je ne suis pas loin de le penser, parce que les lourdes défaites y sont vécues comme des humiliations et singulièrement difficiles à oublier. Qu’il s’agisse d’un grand tournoi ou du championnat de votre club, un adversaire qui vous a souvent vaincu prend sur vous un ascendant psychologique durable, et il vous devient très difficile de la battre, ou simplement de ne pas perdre, lorsque vos chemins se croisent à nouveau. Pour verser dans le jargon, vous êtes devenu son « client ».

L'intégralité de cet article est extrait de l'ouvrage remarquable intitulé Petite Philosophie du joueur d'échecs de René Alladaye

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Le tacticomètre, outil de mesure de votre habileté à bien calculer

Résolvez 3 exercices d'échecs tirés de tournois internationaux pour progresser durablement en tactique. De difficulté progressive, mat en 2 coups en vert, mat en 3 coups en orange et mat en 4 coups en rouge, nous vous conseillons de vous concentrer pendant 5 minutes maximum sur chaque diagramme ci-dessous. Si vous ne trouvez pas une solution dans le temps maximum imparti, revenez sur cet exercice plus tard dans la journée. Enfin, comparer vos solutions avec celles qui sont données en fin d'article. Une manière efficace de progresser est de chercher par soi-même avant de découvrir la solution.

Les exercices et solutions du jour sont publiés le jour même

Échec et mat en 2 coups

Les Blancs jouent et matent en 2 coups - Sam Schmakel vs Pablo Salinas Herrera, Internet, 2020
Les Blancs jouent et matent en 2 coups
Sam Schmakel vs Pablo Salinas Herrera, Internet, 2020

Les échecs aident à développer des compétences analytiques

A chaque partie, un joueur se retrouve face à des problèmes à résoudre et des défis à surmonter. Les échecs aident à anticiper, à ne pas se précipiter et à bien peser le pour et le contre de chaque décision. Comme dans la vie de tous les jours, où l'on essaie de prendre les meilleures décisions possibles pour obtenir des résultats positifs.

Échec et mat en 3 coups

Les Blancs jouent et matent en 3 coups - Dimitris Alexakis vs Maksim Vavulin, Internet, 2020
Les Blancs jouent et matent en 3 coups
Dimitris Alexakis vs Maksim Vavulin, Internet, 2020

Les échecs apprennent à gérer la pression

C'est lors d'une partie d'échecs intense, dans laquelle on donne tout, que l'on apprend à rester calme malgré la pression. Prendre la décision critique en temps limité pour assurer la victoire nécessite une concentration totale et un calme profond, qui permet à votre cerveau de fonctionner au maximum de ses capacités. Toute notre vie, nous sommes confrontés à des dates-butoirs, à des défis difficiles, au trac des entretiens... Comme dans une partie d'échecs, il faut savoir rester confiant et calme malgré la pression pour réussir au mieux.

Échec et mat en 4 coups

Les Blancs jouent et matent en 4 coups - Levon Aronian vs Alexander Grischuk, Internet, 2020
Les Blancs jouent et matent en 4 coups
Levon Aronian vs Alexander Grischuk, Internet, 2020

Les échecs favorisent la bonne santé du cerveau

Le jeu d'échecs stimule la croissance de dendrites, ces corps qui envoient des signaux aux cellules neuronales du cerveau. Avec plus de dendrites, la communication neurale dans le cerveau s'améliore et devient plus rapide. L'interaction et les activités avec d'autres personnes stimulent également la croissance de dendrites. Pratiquer régulièrement le jeu d'échecs en famille, avec des amis ou dans un club est ainsi une expérience idéale.

Les solutions des 3 exercices tactiques

Échec et mat en 2 coups : 1. h5 b4 2. Cxe4#

Échec et mat en 3 coups : 1. Te8+ Fc8 2. Txc8+ Rxc8 3. De8#

Échec et mat en 4 coups : 1. Df8+ Rg6 2. Cf4+ Rg5 3. h4+ Rg4 4. f3#

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Xavier Tartacover (1887-1956) - Celui qui prend des risques peut perdre, celui qui n'en prend pas perd toujours.

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